Berlin est devenue, à partir du XIXe siècle, une très grande ville, qui a modifié en profondeur l’expérience de ses habitants et les manières de vivre, et que les Nazis, une fois au pouvoir, se sont efforcés de soumettre.
L’argent nuit-il à la démocratie ? On a tendance à le croire, mais une étude plus fine de la manière dont il circule montre que la démocratie se fait aussi par l’argent.
Comment les Occidentaux du XIXe siècle ont-ils construit des stéréotypes raciaux sur les Chinois ? Et que révèlent-ils des dynamiques de pouvoir et des tensions entre perceptions occidentales et réalités chinoises ?
Comment raconter les violences de la conquête de l’Algérie, quand les seules archives disponibles sont celles des massacreurs ? Faut-il personnaliser l’horreur autour de figures comme Bugeaud, ou peut-on dévoiler le système colonial en train de se faire ?
Parcourant un vaste corpus littéraire, Anne de Guigné restitue l’économie telle que la saisissaient les grands écrivains de chaque époque, en révèle les contradictions et les impensés, et pressent que le raisonnement littéraire peut constituer un instrument complémentaire de l’enquête économique.
La panthéonisation de Marc Bloch est l’occasion de relier son parcours de citoyen avec les pistes scientifiques qu’il a ouvertes vers le comparatisme, l’interdisciplinarité ou encore l’étude des mentalités. Derrière l’hommage, il s’agit de l’inscrire dans son temps, ainsi que dans son monde social.
L’art naît de contrainte et meurt de liberté : il semble que le cinéma iranien, sous contrôle et censure, illustre ce fameux adage.
Les livres et magazines pour la jeunesse sont bourrés de clichés qui, au sein du récit, favorisent les garçons au détriment des filles. Au-delà du cas français, il faut réfléchir au coût social d’un tel déséquilibre.
Paru en 1924, Les Rois thaumaturges de Marc Bloch est devenu une référence, un classique. Comment se construit une œuvre canonique, partagée et reconnue comme essentielle dans un champ ? Quels sont les ressorts de la longévité scientifique ?
À travers la critique du « primat ontologique du présent », Christophe Bouton entend renouveler la métaphysique du temps en restituant au passé, au présent et au futur leur égalité et leur interdépendance.
Le multilatéralisme est devenu la cible de nombreux leaders populistes visant à en saper les fondements. Quelle est la spécificité de ces attaques populistes et les institutions de la gouvernance mondiale sont-elles en mesure d’y résister ?
En Allemagne, un moteur de recherche permet d’explorer les registres du Parti nazi. Au-delà des secrets de famille, cette initiative ravive des débats. Quelle différence entre la connaissance et la mémoire ? Que faire du nazisme à l’heure où l’extrême droite s’efforce de le réhabiliter ?
Catastrophe démographique sans équivalent, la Peste noire a bouleversé les équilibres économiques, sociaux et culturels de l’Europe au XIVe siècle. Longtemps pensée comme une césure majeure, elle apparaît désormais comme révélateur des structures, limites et résistances des sociétés médiévales.
Le 23 juin 2026, Marc Bloch entre au Panthéon. Entre héritage savant, usages mémoriels et civiques, et postérité de l’œuvre : comment se dessine le legs de l’historien ?
Figure tutélaire, résistant et père des Annales, Marc Bloch entre au Panthéon en 2026. L’occasion de comprendre son héritage multiforme à travers le regard des historiens d’aujourd’hui.
Les machines peuvent désormais dialoguer avec nous, mais en quel sens est-ce du langage ? Loin de répéter aléatoirement des fragments de texte appris, ces nouveaux systèmes d’IA semblent se construire une représentation interne de ce dont ils parlent.
Et si l’impossibilité de parler en disait davantage sur la société que sur les individus ? Deux philosophes dialoguent au confluent de l’expérience et du politique.
Pionnière de l’histoire des femmes avant que les études de genre s’institutionnalisent en France, Christiane Klapisch-Zuber a construit une œuvre multiforme ancrée dans l’histoire sociale et l’histoire de la parenté.
Les élites britanniques se caractérisent par une très grande permanence de leurs stratégies de reproduction sociale. À partir d’une enquête originale sur les notices du Who’s Who, Aaron Reeves et Daniel Friedman tentent d’identifier les logiques sociales d’évolution de ce groupe sur le long terme.
Quelles traces de la vie de Georges Perec portent les archives publiques ? Comment éclairent-elles l’histoire populaire de Belleville autant que la trajectoire de l’écrivain ? Une exposition sur l’enfance de l’auteur explore ces pistes, aux archives de Paris.
L’Union européenne est-elle un État ? Sylvain Kahn montre qu’elle incarne, contre l’imaginaire de l’État-nation, une nouvelle forme de souveraineté supranationale.
Un recueil consacré à la pensée féministe polonaise montre la richesse du mouvement, des années 1900 au tournant queer en passant par la période socialiste. Cette histoire méconnue ouvre la voie à une généalogie et une comparaison des sororités européennes.
Les réformes récentes de l’Enseignement supérieur et de la recherche, et en particulier les effets des plateformes numériques Parcoursup et MonMaster, ont été à l’origine de mobilisations étudiantes. Parmi elles, le “mouvement des sans-facs”, pour qui "étudier est un droit et non un privilège".
Nicolas Soulas replace la figure du « robespierriste » Claude-François Payan dans une vaste biographie familiale. Il montre comment une famille négocie le virage révolutionnaire, à la fois moment d’opportunité unique et parenthèse à l’échelle de stratégies familiales de plus long terme.
Avocat du New Deal, ministre de la Justice sous Roosevelt et membre de la Cour Suprême, Robert Jackson fut aussi l’un des acteurs centraux des procès contre les nazis. Son parcours rappelle qu’en des temps pas si éloignés les États-Unis jouaient un rôle essentiel dans la justice internationale.
L’Amérique hispanique n’a pas été qu’un réceptacle d’influences politiques, intellectuelles et institutionnelles venues de la Vieille Europe. Au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, les territoires du Bassin de la Plata réinventent la modernité républicaine.
Doit-on encore lire Leibniz ? Sa métaphysique peut-elle nous apprendre quelque chose sur notre monde, ou est-elle devenue caduque, enfermée dans un système philosophique d’une autre époque ?
Selon la première ministre japonaise, les Japonais doivent travailler toujours plus. Ce discours productiviste doit être replacé dans l’histoire longue du conservatisme japonais et de son rapport avec le libéralisme.
Un siècle d’aviation en Europe nous fait voler de Blériot au Concorde, de l’Aéropostale à EADS. Aujourd’hui, Airbus est le premier constructeur civil au monde, ce qui n’empêche pas de poser la question de l’avenir.
À partir d’une ethnographie de la mobilisation contre le centre commercial EuropaCity, Stéphane Tonnelat éclaire les formes contemporaines de l’engagement écologiste. L’ouvrage déplie les raisons de s’opposer à l’artificialisation des terres et analyse les ressorts ordinaires de ces luttes.
Le débat sur l’existence des « cathares » divise. Hérétiques dualistes organisés en contre-Église ou fruit d’une construction médiévale reprise et amplifiée au XIXe siècle pour des raisons identitaires ? Le choix s’impose désormais, qui empêche toute synthèse de compromis.
Les massifications scolaires favorisent-elles la mobilité sociale ? Une analyse comparative de 40 pays montre qu’elles ont contribué à desserrer le lien entre origine et destinée sociale.
Les ouvriers peinent à se faire élire dans les communes où ils sont pourtant majoritaires. Julian Mischi, à partir de l’étude de trois villes, s’interroge sur cette marginalisation.
Le populisme continue à alimenter la veine éditoriale. L’originalité du livre de l’historien Marc Lazar tient à la focale mise sur la France : elle en serait le berceau.
À l’heure d’un retour généralisé de la violence et de mutations technologiques aux issues incertaines, penser les relations internationales comme un seul espace mondial permet de saisir la multiplicité des dynamiques internationales et l’augmentation des interconnections à l’échelle planétaire.
Les socialismes entendaient libérer l’homme du culte de la marchandise et de l’incitation individualiste à consommer. Ils imaginèrent au fil du temps des sociétés où l’abondance et le confort matériel partagés avec justice déboucheraient sur des sociétés heureuses. Cet idéal existe-t-il encore ?
Pourquoi la bureaucratie est-elle si souvent tenue pour responsable des échecs de l’action publique ? En examinant les stratégies de mise en cause des administrations et les réalités du travail des agents, deux ouvrages récents montrent comment la critique de l’État se déplace vers ses exécutants.
Face à la défaite de 1940, Marc Bloch mettait en accusation le système d’enseignement. Notre temps appelle à relire son diagnostic.
Avec plus de 300 millions de membres à la croyance plus ou moins intense, l’orthodoxie est structurée en trois patriarcats et de nombreuses Églises souvent nationales, ce qui en fait une force hétérogène et pourtant essentielle pour comprendre la politique de l’Europe de l’Est et de la Russie.
Comment représenter un phénomène qui relie des processus aussi différents que le climat, les océans, l’agriculture, l’urbanisation ou les flux de ressources à l’échelle mondiale ? La réponse tient en une forme séculaire : l’atlas.