À l’occasion des 5 ans de l’accession du pape François au trône de Saint Pierre, Anthony Favier revient sur le parcours et l’action d’un pontife tiraillé entre volonté de changement et nécessité d’incarner une unité catholique aujourd’hui fragilisée.
C’est par un maillage d’infrastructures que le pouvoir réduit les particularités locales, exploite les ressources, combat les autonomies. Habiter des territoires en lutte permet de lui résister. « Être forêt », de Notre-Dame-des-Landes à Bornéo, c’est devenir ingouvernable.
Prenant à la lettre les déclarations officielles fracassantes concernant la corruption au sein du Parti communiste chinois, un ouvrage dresse un bilan sombre de la collusion des élites chinoises.
La plupart des Français ne souhaitent pas travailler le dimanche, mais beaucoup voudraient bénéficier de plus de services ce jour-là. Prenant Les Batailles du dimanche à contrepied, P. Askenazy se demande si l’ouverture dominicale des commerces ne permettrait pas de préserver les liens familiaux.
Une biographie donne à voir le maître du Kremlin dans ses façons de gouverner, entouré de ses proches, mais aussi dans le secret de ses lectures. Entre récit et analyse d’une trajectoire politique, elle prend ses distances avec les portraits peu scientifiques qui abondent dans les librairies russes.
La déforestation et la production de charbon de bois sont souvent considérées comme les principales causes de la pauvreté endémique en Haïti. Cet essai appelle à la création d’un nouveau discours. Cette image d’Haïti est inexacte et économiquement contreproductive.
Pouvons-nous encore nous croire libres, au vu des conclusions des sciences empiriques ? Mais pouvons-nous inversement nous passer de cette idée ? La traduction de l’ouvrage majeur de Peter van Inwagen nous invite, au travers d’une argumentation serrée, mais discutable, à revenir sur ces questions.
Quelles sont les lignes de rupture et de continuité historiques du PKK, de sa fondation jusqu’à nos jours ? Le sociologue Olivier Grojean fournit un examen détaillé de l’histoire, de l’idéologie et des jeux de pouvoir au sein de la principale organisation du mouvement kurde en Turquie et en Syrie.
Les réformes annoncées de la SNCF pointent, une fois de plus, son endettement et le statut des cheminots. Mais est-ce que le problème est bien posé ? Retour sur l’histoire d’un débat et sur ses enjeux politiques.
Au XVIIIe siècle, le marché est apparu comme un vecteur d’égalité parce qu’il libérait de la dépendance envers les maîtres. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, explique E. Anderson : le pouvoir des entreprises sur leurs employés est proprement dictatorial.
Certaines sciences sociales et bio-médicales sont confrontées, depuis vingt ans, à l’impossibilité de répliquer les expériences sur lesquelles se fondait jusque-là leur notoriété. Pour préoccupante qu’elle soit, cette défaillance offre l’occasion de réviser en profondeur leur méthode scientifique.
N’en déplaise à notre imaginaire contemporain, le Moyen Âge ne fut pas un temps plus tortionnaire que d’autres. À partir d’une enquête dans les archives du Parlement de Paris, Faustine Harang montre que le système judiciaire médiéval fit de cette pratique un usage réduit et, surtout, fort contrôlé.
Divisé par la guerre, foyer parmi d’autres de l’islamisme transnational, le Yémen est aussi un pays de flux dont le rapport au monde est sans cesse “contrarié”, selon L. Bonnefoy, qui nous en livre ici une histoire critique et nuancée.
La philosophie politique de Canetti tient à son analyse de la masse, qui peut être répressive ou libératrice, terrorisante ou résistante. Car la masse sert les despotes, mais, en se métamorphosant, peut aussi ouvrir aux révolutions.
Comment vivre sa foi musulmane dans un contexte d’islamophobie grandissante ? John O’Brien explore les multiples façons dont de jeunes musulmans états-uniens parviennent à concilier leurs croyances et leur appartenance à la nation.
En Russie, le discours anti-corruption est devenu une arme politique : en médiatisant la condamnation des pratiques douteuses de hauts responsables politiques, le pouvoir en place, pourtant corrompu, neutralise ses ennemis tout en désamorçant les accusations de malversation à son encontre.
À chaque nouvelle crue de la Seine, le spectre de celle de 1910 vient hanter les esprits. Quel impact pourrait avoir la prochaine crue centennale tant redoutée ? Et que pouvons-nous faire pour nous y préparer ?
Dans une synthèse inédite d’histoire mondiale, François Jarrige et Thomas Le Roux explorent les sources politiques et scientifiques des pollutions et montrent que leur mondialisation à l’âge industriel n’avait rien d’inéluctable.
Luc Boltanski et Arnaud Esquerre invitent à repenser les mécanismes sociaux de production de la valeur et soulignent l’importance du fait de constituer des collections dans la dynamique des inégalités qui caractérise nos sociétés. En s’interrogeant sur les formes et enjeux de la marchandisation et de la formation des prix dans nos sociétés, ils montrent que l’insertion dans une collection enrichit un bien.
Peut-on interpréter les philosophes classiques à la lumière de la philosophie analytique contemporaine ? C’est le défi que relève avec brio M. Gleizer à propos de la conception spinoziste de la vérité et de la certitude, même si ce rapprochement peut laisser perplexe, sinon sceptique.
Loin de s’orienter vers une flexisécurité à la danoise, la réforme annoncée manque l’occasion de repenser l’articulation entre assurance, solidarité et assistance dans la prise en charge des chômeurs.
Quand beaucoup voient l’Amérique comme une terre de liberté, Sean Wilentz s’interroge sur la passion pour l’égalité états-unienne. Il pose ainsi un nouveau regard sur la vie politique du pays et sur la profonde opposition aux partis qui s’y rejoue périodiquement.
Alors qu’un dispositif inspiré de la procédure de plaider coupable vient d’être introduit en France, B. L. Garrett montre les avantages et les limites de cette pratique aux États-Unis. Si elle accélère le processus judiciaire et minimise les risques de déstabilisation de l’économie, les sanctions qui en résultent, souvent faibles, ne reflètent pas la gravité des transgressions commises.
Les arbres pensent, explique E. Kohn, parce qu’ils ont une faculté de représenter le monde, et l’anthropologie nous aide aujourd’hui à dépasser la distinction entre humains et non-humains. Le risque est cependant de donner de la pensée une définition assez pauvre.
La modernité, explique M. Gauchet, est un projet cohérent : celui de faire advenir une société autonome. C’est là incontestablement une de ses significations, mais peut-on considérer qu’il s’agit là d’un processus aussi unifié que l’auteur l’affirme ?
La révélation dans la presse de nombreuses affaires de harcèlement sexuel aux États-Unis a libéré la parole des femmes, en particulier sur les réseaux sociaux avec #metoo. En comparant la législation existante en France et aux États-Unis, Abigail Saguy révèle deux approches différentes pour lutter contre ce problème.
Dans une vaste fresque historique et comparative, David Spector explore la réticence des intellectuels français à se rendre aux arguments des économistes sur les vertus du marché.
La libéralisation de l’économie indienne a conduit à une corruption endémique et systématique de la classe politique indienne. Christophe Jaffrelot s’interroge sur la capacité de l’État de droit indien à résister à ce mouvement de criminalisation des élus.
Ce panorama des mobilisations contre le mariage homosexuel dans 12 pays européens met en exergue le processus d’unification de divers mouvements conservateurs sous la bannière fédératrice de la « croisade anti-genre ».
Revenant sur les sources de la théorie du complot judéo-maçonnique, un ouvrage monumental montre comment de communes hostilités ont structuré l’opposition d’une partie des catholiques au monde moderne et à la République.
Alors que l’université accueille les enfants de la démocratisation scolaire, la réforme Macron permet aux établissements d’enseignement supérieur de sélectionner leurs étudiants. Défendant l’université comme lieu de formation et de recherches, S. Beaud et M. Millet invitent à s’interroger sur le sens de la poursuite d’études dans une société démocratique.
Pour Thomas Scanlon, l’égalité n’est pas une valeur politique en soi. C’est bien plutôt parce que nous souffrons des inégalités économiques que nous lui sommes attachés. Mais peut-on fonder un idéal politique uniquement sur des objections ?
Une sociologue enquête sur les moyens qu’ont trouvés les très grands bourgeois new yorkais pour s’accommoder de la culpabilité qui s’attache à leurs privilèges. Cherchant à être moralement dignes de leur fortune, ils s’identifient aux classes moyennes et s’efforcent d’apparaître simples et normaux.
Les sciences sont plurielles, dans leurs objets, dans leurs méthodes. Tendent-elles cependant à produire un même discours sur le monde ? S. Ruphy propose une nouvelle interprétation de cette très ancienne question.
L’œuvre de Madeleine Rebérioux ne souffrira plus de sa dispersion. Une riche anthologie rassemble une quarantaine de ses textes, dont une série de contributions méconnues sur la littérature et les arts, qui donnent à voir comment cette spécialiste du long XIXe siècle a su concilier histoires sociale et culturelle.
Dans un contexte de multiplication des intermédiaires entre intérêts privés et intérêts publics, Antoine Vauchez nous livre quelques clés pour penser le brouillage des frontières entre ces deux sphères. Il défend l’idée que toute tentative de répondre à ces défis nous conduit nécessairement à redéfinir les espaces de la démocratie.
Ce nouveau dossier de La Vie des idées présente un panorama des pratiques d’influence, d’intermédiation et de corruption entre les sphères publiques et privées des démocraties à travers le monde.
Imposante somme sur le genre utopique au XVIIIe siècle, fruit du travail d’une cinquantaine de collaborateurs, ce Dictionnaire restitue de manière exhaustive et détaillée la richesse des thèmes explorés par le genre utopique, et permet de faire l’archéologie d’une notion à laquelle notre siècle revient.
Peut-on comprendre les évolutions et les impasses du capitalisme grâce à un champignon ? À travers l’étude de la collecte et du marché du matsutake, l’anthropologue Anna Tsing décrit un monde qui a renoncé au progrès, où la survie dépend de collaborations précaires entre les hommes et le monde qui les entoure.
Comment la République considère-t-elle ses « autres » ? À partir d’une étude ethnographique des dispositifs de lutte contre les discriminations raciales et de la procédure de naturalisation, Sarah Mazouz s’interroge sur les « politiques françaises de l’altérité ».